La BCE se penche sur la réglementation des cryptomonnaies des Gafa

Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a prévenu dimanche qu’il était « hors de question» de laisser des géants numériques développer des monnaies privées en dehors de toute réglementation, au vu des « risques » induits par de tels projets. « On a laissé les Gafa se développer dans un vide réglementaire pour toutes leurs activités commerciales», a souligné M. Coeuré lors d’une table ronde sur les institutions internationales organisée aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence.

« Il est hors de question de les laisser se développer dans un vide réglementaire pour des activités de services financiers, parce que c’est trop dangereux», a ajouté le responsable de la BCE, appelant à « aller très vite» sur la question.

Un défi pour le domaine de la finance

M. Coeuré, qui s’est vu confier mi-juin dans le cadre du G7 la direction d’un groupe de travail sur les cryptoactifs adossés à des devises, comme le Libra de Facebook, a estimé que ces projets de monnaies virtuelles et privées représentaient un « défi » pour « le domaine de la finance». « Jusqu’à présent, on avait des petits projets, qui étaient intéressants» mais « expérimentaux, et qu’on laissait se développer avec une certaine bienveillance en se disant ‘c’est trop petit pour être dangereux’».

« Il s’agira de réglementer», « pas d’interdire»

Pour le responsable de la Banque centrale, « tous ces projets sont d’une certaines manière un ‘wake-up call’ (coup de semonce, NDLR) assez utile pour la communauté des régulateurs et des autorités publiques» parce que « ça va peut-être nous conduire à faire mieux ce qu’on fait ». « Il s’agira de réglementer», « pas d’interdire», a-t-il toutefois soutenu, en appelant l’Europe à « montrer l’exemple». Le géant américain Facebook a dévoilé mi-juin son projet de cryptomonnaie, baptisé  “Libra” .

Ce dernier doit lui permettre de s’imposer dans les paiements, les services financiers et le commerce en ligne dans le monde entier à partir des milliards d’utilisateurs de ses différents réseaux sociaux. Cette annonce a conduit la France, qui préside le G7, a mettre sur pied un groupe de travail constitué de représentants des banques centrales.

Source : FrenchWeb

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